l union européenne et la tebi

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Gorbatchev et la fin de la guerre froide Introduction Le but de cet exposé est d'étudier la place qu'a tenu Gorbatchev dans la chute du communisme à l'Est et dans la fin de la guerre froide. Mon propos n'est pas de faire l'histoire de cette période mais de montrer comment elle a été perçue par différents historiens. En 1985, après le décès de Tchernenko, Gorbatchev arrive au pouvoir. Résolu à donner du dynamisme à un système politique sclérosé, il parie sur une revitalisation du communisme par la démocratie et met en oeuvre la Perestroïka. Son pouvoir est très vite contesté par les conservateurs, hostiles à tout changement, et débordé par les libéraux, impatients. Ces premiers tentent un putsch afin de le renverser en août 1991. Cette tentative avortée a pour effet de signer l'arrêt de mort du régime communisme et de l'Etat soviétique. Cet effondrement du communisme qui a entraîné la fin de la guerre froide provoque une réelle surprise : personne n'aurait pu penser que cette chute se produirait de cette façon. Différentes théories ont été élaborées pour l'expliquer. Certaines ont souligné l'importance de l'aspect contextuel tandis que d'autres ont insisté sur le rôle fondamental de Gorbatchev. I. Importance du contexte Selon les théories, il peut y avoir un facteur unique ou plusieurs facteurs qui se combinent mais mon propos est d'étudier ceux qui sont principalement cités. A. Le rôle de l'Occident (de tout ce qui est extérieur au communisme) - L'influence des Etats-Unis Les buts des Etats-Unis, selon l'historien John Gaddis, étaient de renverser le régime adversaire, de contenir l'influence soviétique à l'intérieur des frontières de l'U.R.S.S. et de changer la structure interne de l'Union soviétique. Le principal objectif était que l'U.R.S.S. capitule soit parce qu'elle ne pouvait plus continuer l'affrontement, soit parce qu'elle ne le voulait plus. Les Etats-Unis ont mené une politique de fermeté dans les années quatre-vingt qui visait à casser l'économie soviétique et à forcer l'U.R.S.S à s'asphyxier en nageant plus vite dans la course à la technologie (projet guerre des étoiles). C'est Richard Pipes, historien de la Russie à Harvard, chargé des Affaires soviétiques au National Security Council, qui a le plus systématisé cette approche. Les Etats-Unis soutenaient tous ceux qui s'opposaient au pouvoir soviétique (Solidarité, la Résistance afghane et cherchaient à déstabiliser les Républiques musulmanes soviétiques d'Asie Centrale considérées alors comme le "talon d'Achille" de l'Union soviétique.) La chute du communisme à l'Est serait donc le résultat de longs efforts pour atteindre cette "évolution pacifique" en utilisant à la fois la puissance militaire, commerciale et l'arme des droits de l'homme. Il existe aussi en Russie des théories du complot, montrant que la Perestroïka a été initiée à l'Ouest, que Reagan, la CIA et le Vatican se sont ligués pour déstabiliser la Pologne, les Etats-Unis auraient voulu humilier le peuple russe tandis que des libéraux et des réformistes comme Gorbatchev auraient participé à ce complot (cf John Dunn). Les Etats-Unis ont aussi mené une politique de la patience. Selon George Schultz, cette politique a permis d'affirmer la supériorité du système occidental et a conduit les dirigeants soviétiques à s'aligner sur les positions occidentales. Pour Strobe Talbott, le soutien sans faille de Washington lors de la présidence Bush a donné une marge de manoeuvre essentielle à l'équipe Gorbatchev. Ce dernier aurait utilisé ces réassurances pour "dédémoniser" l'OTAN et l'Ouest. - L'Occident aurait aussi joué un rôle. -Le Vatican : croisade de dénonciation menée par Jean-Paul II contre le communisme (thèse développée par Bernard Lecomte). -L'Ostpolitik a permis de faire circuler les idées sociales démocrates de l'autre côté du rideau de fer : ces idées ont servi d'inspiration et de soutien aux réformes entreprises comme l'a indiqué Gorbatchev lors des obsèques, en 1993, de l'ancien chancelier Willy Brandt. L'Ouest est de plus en plus visité et regardé (rôle de la télévision). C'est une vitrine de paix et de prospérité. La vitalité du capitalisme et sa capacité à surmonter la crise de 1973 ont marqué les esprits à l'Est. Ce serait la société de consommation, la prospérité occidentale... qui auraient eu un rôle plus important que les valeurs professées par les intellectuels dissidents. B. L'évolution du monde - Homogénéisation économique Il n'est plus possible pour l'U.R.S.S. de se tenir à l'écart de la coopération internationale dont les bénéfices apparaissents comme évidents. Le communisme aurait été dilué dans le marché (selon le souhait de Lloyd George ou de Margaret Thatcher). - Le problème du nucléaire : celui-ci a fait prendre conscience de l'interdépendance des sociétés et de leur vulnérabilité mutuelle et commune. La paix ne doit pas résulter de la force et de la dissuasion militaire mais de la construction d'une "communauté de sécurité" entre l'Est et l'Ouest. - La structure bipolaire a pris fin. L'hypothèse d'Yves Lacoste : le lancement de la Perestroïka est lié en partie à la prise de conscience à Moscou que le Japon, en 1985, a supplanté l'U.R.S.S. Il est devenu la deuxième puissance économique du monde : il est vrai que le modèle japonais est devenu la référence des gorbatchéviens à partir de 1988 à la fois parce qu'il semblait pouvoir permettre de garder un Etat central fort mais aussi parce qu'il faisait ses preuves, notamment dans la gestion humaine. En outre, le pôle ouest européen se consolide (on cherche à créer une communauté européenne forte). - De nouveaux acteurs sur la scène internationale : Les mouvements pacifistes aux Etats-Unis et en Europe occidentale ont forcé leurs dirigeants à adopter une politique conciliante à l'égard de l'Est et à répondre aux initiatives soviétiques de détente. Par leurs rapports avec les dissidents, ils ont favorisé l'émergence dans le monde communiste d'institutions sociales autonomes dont le rôle fut important dans les transitions non violentes de 1989 dans la plupart des pays de l'Est. C. Les problèmes internes du régime communiste Selon Vladimir Tismaneanu, la " société civile est l'ensemble des initiatives à la base, spontanées, non gouvernementales (...) qui ont émergé dans l'ordre post-totalitaire comme résultat d'un relâchement des controles étatiques et du déclin des contraintes idéologiques imposées par les partis dirigeants : elle aurait donc miné le monopole du pouvoir qu'avait le Parti-Etat ". Les citoyens découvrent la liberté d'expression. La libéralisation intellectuelle permet aux médias de s'exprimer et les Soviétiques découvrent peu à peu les "pages blanches" de leur histoire. - La montée des nationalismes. Il s'agit de la résurgence d'un trait politique que les communistes ont essayé d'occulter depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Les Etats Baltes sont les premiers à souhaiter l'autonomie. - L'autodestruction du régime soviétique. On assiste à une véritable crise morale (John Clark). Le régime ne peut plus se légitimer par son passé. Son histoire comporte bien des ombres. Il ne peut plus se légitimer par son présent. On est loin en effet de l'homme nouveau : les dirigeants sont corrompus, la bureaucratie est dominante, l'éthique du travail disparait, il y a un véritable désarroi de la population qui fuit dans l'alcool ou le suicide. Selon Alain Besancon, c'est la fin du caractère enchanteur de l%2

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